LA TENTATION DES COMBLES

La tentation des combles

L’écrivain, démiurge tantôt humble, tantôt hardi, s’amuse, arrange ou dérange un fatum souvent obscur et arbitraire.

Là où la réalité assigne, empêche et dévaste, la fiction permet la ligne de fuite au travers de l’absurde et la fantaisie.

La tentation des combles de Dominique Boudou en est la magistrale illustration.

« Mon récit, disait-il, était une allégorie qui incarnait à merveille la tragédie de l’existence humaine. Sisyphe, avec son misérable rocher de carton, n’était qu’un héros de dernière catégorie. »

Comme s’il écrivait une suite pour L’Écume des jours, l’auteur conte, avec autant de pudeur que de fantasmagorie, deux âmes complexes, insaisissables et arachnéennes virevoltant dans le vent mauvais d’un oracle funeste.

L’espace et le temps sont instables, facétieux et menteurs, soumis à la conscience malmenée du narrateur, sublimés par sa dissociation émotive, corrigés par les sentences autoritaires d’un médecin fantasque.

On lit comme on a le vertige, avec la tentation du vide, la peur de la chute que provoquera l’inexorable vérité.

La corde a beau être raide, le ravin trop proche, la balade est belle dans ce roman que l’on contemple comme une aurore boréale venant déchirer la nuit.

Dominique Boudou ne prétend pas rendre la vie plus juste ni moins tragique, son roman agit comme la caresse légère d’une main leste et tendre sur une plaie purulente et c’est bien suffisant.

« Je me dis que toutes les vies sont pareilles, incohérentes à force d’être trouées.

Je me dis qu’il est vain d’essayer de les raccommoder mais je m’obstine quand même. »

Au travers d’un judas, il nous enjoint à observer une existence qui ne peut continuer qu’en se ratatinant sous les combles, juchée sur un vélo d’appartement, parce qu’au dehors :

« Il y a tellement de choses qu’on peut confondre.

La vie et la mort ne sont-elles pas elles-mêmes des objets de confusion ? »

BOUDOU Dominique, La tentation des combles

Éditions Fables Fertiles

Avril 2026, 200 pages,18€50

@CHADIASALAH

 

 

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